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Publié le 2026-08-30 · Mis à jour le 2026-09-10

Location courte durée au Maroc : la réglementation 2026

Louer son appartement de Tanger à des voyageurs reste tout à fait possible — mais le temps de l’improvisation est terminé. Voici ce que dit réellement le cadre marocain en 2026, texte par texte. Chaque point ci-dessous s’appuie sur les textes officiels et la presse économique marocaine ; nous mettons cette page à jour à chaque évolution.

1. Une autorisation préalable est obligatoire

Le décret n° 2.23.441, publié au Bulletin Officiel en août 2023 en application de la loi 80-14 sur les établissements touristiques, encadre les « autres formes d’hébergement touristique » — ce qui inclut les locations meublées de courte durée proposées sur Airbnb, Booking et les plateformes similaires. Exploiter un hébergement touristique suppose une autorisation préalable auprès des autorités.

Exploiter une de ces « autres formes d’hébergement touristique » sans l’autorisation prévue par la loi est puni d’une amende de 50 000 à 500 000 DH (article 43 de la loi 80-14), montant doublé en cas de récidive (article 50).

La procédure, concrètement

D’après le décret 2.23.441 et les explications de la ministre du Tourisme à la presse économique marocaine (Médias24, août 2023) :

  • : la demande se dépose auprès de la commune du lieu du bien ; c’est le président du conseil communal qui délivre l’autorisation, après avis d’une commission.
  • Quoi : copie de la carte d’identité, photos des chambres et des espaces communs, et copie du permis d’habiter ou attestation d’un ingénieur certifiant que le bâtiment répond aux conditions de sécurité.
  • Délai : le décret laisse 15 jours à la commission pour rendre son avis, puis 15 jours au président du conseil communal pour décider — environ un mois pour un dossier complet.
  • Validité : l’autorisation est délivrée pour 5 ans, renouvelable.
  • Coût : les textes publics consultés n’affichent pas de tarif national — le coût éventuel se confirme au guichet de la commune concernée.

Point souvent ignoré : transformer un logement résidentiel en meublé touristique exploité commercialement peut relever du changement d’usage auprès de la commune — c’est l’un des angles utilisés par les grandes villes pour encadrer le phénomène.

Les catégories officielles

Les textes d’application publiés en 2025 organisent l’hébergement touristique en catégories classées par étoiles — hôtel, hôtel-club, résidence de tourisme, maison d’hôtes, riad, kasbah, et pension (catégorie unique). Deux arrêtés fixent le cadre : l’arrêté 835-24 (modèles des documents administratifs de classement) et l’arrêté 985-24 (normes de classement). Pour un appartement loué en courte durée, c’est le régime des « autres formes d’hébergement » du décret 2.23.441 qui s’applique — mais si vous exploitez un riad ou une maison d’hôtes, vous entrez dans une catégorie classée avec ses normes propres.

2. La télédéclaration des nuitées est obligatoire

La loi 80-14 (article 36) impose à l’exploitant de télédéclarer les arrivées et les nuitées. Chaque nuitée doit être déclarée via la plateforme officielle du ministère du Tourisme (stdn.ma — Système de télédéclaration des nuitées), dont les modalités techniques (inscription, certificats d’authentification) sont fixées par l’arrêté 3171-16. Le système est largement déployé : 83 % des établissements classés y avaient adhéré à mi-2024 selon le ministère — l’écart entre déclarants et non-déclarants devient donc de plus en plus visible pour l’administration.

3. Les contrôles se professionnalisent : l’ère des visites mystères

Depuis mai 2026, le ministère du Tourisme a lancé une campagne de visites mystères sur 2 500 établissements classés (3 étoiles et plus, maisons d’hôtes et riads compris), confiée à des cabinets d’audit internationaux sur la base d’un référentiel d’environ 400 critères. Les 30 premiers audits ont été menés dès juillet 2026, notamment à Marrakech et Tanger. Le message est clair : le classement et la conformité ne sont plus déclaratifs, ils se vérifient sur place — et Tanger fait partie des premières villes contrôlées.

4. La fiscalité des loyers en 2026

Pour un propriétaire particulier qui loue en son nom, le régime de droit commun des revenus fonciers repose sur trois règles (notes circulaires DGI n° 736 et 737) :

  • Les loyers s’ajoutent à votre revenu global, après un abattement forfaitaire de 40 % : l’impôt se calcule sur 60 % du brut ;
  • Le barème s’applique ensuite, avec une première tranche à 0 % jusqu’à 40 000 DH de revenu net — ce n’est pas une exonération des loyers : vos autres revenus marocains s’additionnent ;
  • L’option libératoire à 20 % et la retenue à la source de 5 % de juillet 2026 ne concernent pas les locations à des voyageurs ou à des locataires particuliers.

La déclaration annuelle se fait avant le 1er mars. En courte durée, la qualification même de vos revenus peut différer selon la façon dont vous exploitez le bien : faites-la confirmer par un expert-comptable avant la première saison. Le détail dans notre guide fiscal.

5. Les plateformes ne sont plus un angle mort

Deux évolutions récentes changent la donne pour qui comptait sur la discrétion des plateformes : Airbnb transmet depuis 2024 des données de réservations aux autorités marocaines, dans le cadre de la mise en conformité du secteur ; et depuis juin 2026, les plateformes étrangères sont assujetties à la TVA marocaine sur leurs services (au même titre que les autres géants du numérique). Autrement dit : l’administration voit de mieux en mieux qui loue, où, et combien.

6. La régularisation massive est en marche

En juillet 2025, le ministère du Tourisme a annoncé la régularisation d’environ 80 000 lits d’hébergement informel (meublés touristiques, riads, appartements loués sur plateformes), avec une période de transition de 24 mois. Autrement dit : d’ici 2027, l’écart entre les biens en règle et les autres deviendra très visible — dans les contrôles comme dans les résultats.

7. La copropriété peut dire non

Avant même la commune, vérifiez le règlement de copropriété (régi par la loi 18-00) : il peut restreindre ou interdire l’exploitation en meublé touristique dans l’immeuble. C’est une vérification à faire avant d’acheter un bien destiné à la courte durée — un investissement locatif bloqué par son propre syndic est un piège classique, et il se détecte en une lecture.

8. Et le « plafond de 120 jours » ?

Un plafond de 120 jours de location par an et par bien est fréquemment cité par des sites immobiliers marocains. Nous ne l’avons pas retrouvé dans le texte même du décret : tant qu’un texte officiel ne le confirme pas noir sur blanc, nous vous recommandons de ne pas bâtir votre plan de revenus dessus — ni dans un sens, ni dans l’autre. Nous suivons le sujet et mettrons cette page à jour.

Propriétaire ? Estimez d’abord ce que votre bien peut rapporter avec notre estimateur de revenus locatifs — fourchettes fondées sur les loyers publiés, longue et courte durée.

Ce que cela change pour vous, propriétaire

Un bien autorisé, déclaré et fiscalisé se loue sans crainte du contrôle, se valorise mieux à la revente, et vous permet de rapatrier vos revenus proprement si vous résidez à l’étranger. C’est exactement ce que nous mettons en place pour chaque bien qui entre dans notre gestion : démarches d’autorisation, télédéclaration, accompagnement fiscal, et un relevé mensuel qui fait foi.

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour louer son appartement en courte durée au Maroc ? Oui. La loi 80-14 et le décret 2.23.441 soumettent les « autres formes d’hébergement touristique » à une autorisation, délivrée par le président du conseil communal après avis d’une commission. Elle est valable 5 ans, renouvelable.

Quelle amende en cas de location sans autorisation ? L’exploitation sans l’autorisation prévue par la loi est punie d’une amende de 50 000 à 500 000 DH (article 43 de la loi 80-14), montant doublé en cas de récidive (article 50).

Combien de temps faut-il pour obtenir l’autorisation ? Le décret laisse 15 jours à la commission pour rendre son avis, puis 15 jours au président du conseil communal pour décider : environ un mois pour un dossier complet.

Quels documents faut-il fournir ? Une copie de la carte d’identité, des photos des chambres et des espaces communs, et une copie du permis d’habiter ou une attestation d’ingénieur certifiant que le bâtiment répond aux conditions de sécurité.

Faut-il déclarer les voyageurs ? Oui. La loi 80-14 (article 36) impose à l’exploitant de télédéclarer les arrivées et les nuitées, via la plateforme officielle du ministère du Tourisme (stdn.ma).

Existe-t-il un plafond de 120 jours de location par an ? Ce plafond est souvent cité par des sites immobiliers marocains, mais nous ne l’avons pas retrouvé dans le texte du décret. Tant qu’un texte officiel ne le confirme pas, ne bâtissez pas votre plan de revenus dessus.

Sources

Consultées les 30 août, 1er et 10 septembre 2026 — nous mettons cette page à jour à chaque évolution des textes.

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